IMAGE DU SIECLE NAISSANT

Publié le par cinefils



 

La technologie numérique, l’ordinateur, Internet, le D.V.D. et les multiples services de la téléphonie mobile ont irrémédiablement changé le monde bien-sûr, mais aussi l’Image, comme peut-être jamais elle n’a changé depuis l’invention de la perspective. Si la guerre du Vietnam a été la guerre de la télévision et la guerre du Golf celle du jeu vidéo, la guerre encore en cours d’Irak est celle d’Internet, et spécialement de l’Image qui en est issue : à la fois fragmentée, modulable et intime. L’icône à l’épreuve du 2.0. Blogs, sites communautaires, médias virtuels, plateformes d’échanges, les vidéos comme monnaies d’affects, les images comme poussières de pixels.

 

Le cinéma, qui a été l’art de l’image par excellence du 20ème siècle, est bien-sûr le premier et le plus massivement touché : caméras numériques, bancs de montage virtuel (bientôt toute la chaîne industrielle depuis la préparation jusqu’à la projection en salle sera numérisée), bonus des D.V.D.s permettant parfois d’agir directement sur le film et ainsi de modifier le sens de l’œuvre (versions différentes, scènes coupées au montage, fins alternatives, cadrages différents...), lecteurs D.V.D (branchés sur la télévision, portatifs ou intégrés aux ordinateurs), captation à travers les appareils photo numériques et les téléphones portables, téléchargement, plateformes d’échanges de vidéos, services vidéos de la téléphonie mobile, etc., sont autant d’éléments constitutifs de nouvelles modalités de fabrication, de diffusion et de perception de l’image cinématographique. Alors qu’elle était grande et nous transportait, les écrans ont tendance à rétrécir et les films à être transportables et transportés. Le support devient de plus en plus immatériel, la plastique de plus en plus éthérée, volatile, abstraite.

Comment les cinéastes ont prit cette donne à bras le corps ? Comment les penseurs appréhendent ce nouveau statut de l’Image ? Comment le regard est-il en train de muer imperceptiblement ? En cette fin de première décennie du millénaire, CINEFILS décide de se pencher sur toutes ces problématiques à travers des cycles de programmation, des projections débats, des chantiers de réflexion, des analyses de séquences et des interventions de spécialistes.

 

Le premier volet de cet intérêt pour l’ « Image du siècle naissant » sera CINEASTES DU 21ème SIECLE : ETATS DU MONDE & DU CINEMA. A partir du jeudi 12 mars et jusqu’au mardi 17, à travers 2 séances de projection quotidiennes et un débat, 9 films seront vus et interrogés. 9 films de 9 pays différents réalisés ses 8 dernières années par des cinéastes ayant commencé leur parcours artistique à partir de la fin du millénaire.

 

Le second volet sera une rétrospective du cinéaste chinois actuel qui est à nos yeux le plus important et intéressant : Jia Zanghke (à la maison de la culture Ibn Khaldoun : programmation et date à suivre). D’autres volets, manifestations, programmations, suivront...

Publié dans Journal de bord

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article