Projection du Mardi 6 mai 2008 à 18h30-Ouverture Cinéma Muet

Publié le par cinefils



 Ces films seront projetés ce Mardi  6  mai  2008 à 18h30 à El Hamra


Sélection de courts métrages des frères LUMIERE

10mn – France – 1895 / 1900

 

Sélection de courts métrages de George MELIES

15mn – France – 1905 /1910


La Passion de Jeanne d'Arc de  Carl Theodor Dreyer

          1h20 – France – 1928

La dernière version accessible de la Passion de Jeanne d’Arc provient d’une reconstitution de 1985; après sa sortie, le négatif original avait été détruit par le feu. Car cette œuvre ne fait qu'un avec son propos : la passion de Jeanne y revit dans sa chair et dans son âme. La transcendance est devenue palpable (espace intérieur traversé, en une courbe ascendante), ainsi que le chemin de martyre (espace temporel parcouru, vécu) qui est celui de la Sainte.

 

« La passion de Jeanne d’Arc est une affirmation, presque une démonstration, des conceptions de Dreyer. Affirmation d’autant plus éclatante qu’elle n’est pas préméditée. Dreyer n’a pas imposé à son œuvre une esthétique toute faite. C’est en réfléchissant sur le sujet que, par tâtonnements, approximations, intuitions, il a découvert son esthétique. Dreyer est peut-être, avec Eisenstein, le seul cinéaste dont l’œuvre égale la dignité, la noblesse, la puissante élégance des chefs d’œuvre de la peinture, non seulement parce qu’elle s’en inspire, mais plus essentiellement parce qu’elle en retrouve le secret à des profondeurs esthétiques comparables. »
André Bazin, Radio Cinéma

Deux mots sur la censure

Dès sa deuxième réalisation, Pages arrachées du Livre de Satan (1919), Dreyer doit faire face à la censure, au Danemark même, l’un des pays réputés les plus libres du monde. Le film est une vaste fresque historique qui conduit le spectateur de la Palestine au temps de Jésus à la Finlande contemporaine, en passant par l’Inquisition en Espagne et la Révolution française. Les pasteurs luthériens radicaux, sans même avoir vu le film, jugent l’œuvre de Dreyer blasphématoire : représenter Jésus au cinéma est un acte, en soi, impie. Le quotidien luthérien Kristeligt Dagblad, publie un article titré « Inadmissible », article non signé, où l’on peut lire : « C’est révoltant qu’il se trouve des gens qui ont accepté de jouer ces rôles et doublement révoltant qu’une fois encore on soit obligé de constater que le Danemark est un pays où on peut faire ce qu’on veut, même blasphémer sur ce qu’il y a de plus sacré ».  La hantise du « christianisme fanatique » (la formule est du cinéaste lui-même) chez le croyant fervent qu’était Dreyer, déjà très vive dans sa jeunesse, ira s’accentuant tout au long de sa vie. On retrouve, à l’évidence, cette détestation de l’obscurantisme religieux dans La Passion de Jeanne d’Arc. En France, la Commission officielle de censure contraint le producteur, sous la pression du clergé parisien, à couper certaines  scènes où les hommes d’Église semblent trop nettement récusés et celles où Jeanne est torturée. Quant à la censure anglaise, elle exigea tant de coupes (en fait tous les plans où apparaissent les Anglais) que Dreyer renonça à faire diffuser son film au Royaume-Uni.

 www.cinelycee.com
www.euroschool.lu



 

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