LES CHEVAUX DE FEU de Sergei PARADJANOV

Publié le par cinefils



CE FILM SERA PROJETE LE SAMEDI 26 AVRIL A 16H
DANS LE CADRE DE
ECRAN BLANC A JILANI SAADI





" Les Chevaux de feu est le film qui révéla au monde Serguei Paradjanov. L’histoire de Marika et Ivan, sorte de Roméo et Juliette des Carpathes. Amour impossible sur fond de haine extra-familiale. Paradjanov filme la malédiction des hommes. Une vision pessimiste qui lui valut bien des démêlés avec les politiques au pouvoir. Imprégné des légendes ukrainiennes, c’est la rencontre improbable de l’ethnologie et de la poésie. C’est surtout un lyrisme débridé, un film qui cherche à chaque nouvelle projection à se libérer du carcan de la narration, comme un papillon en train de s’extirper de sa chrysalide. "

(Résumé de la Cinémathèque de Toulouse.)





" Paradjanov s'intéresse peu à l'intrigue et à la dramaturgie. Pour répondre à son ambition, un film doit être comme un objet artisanal, aux facettes multiples reflétant, le folklore, les coutumes, les rites quotidiens, l'inconscient et le conscient d'un peuple : ici les Goutzouls des Carpates. Souvent, la caméra court dans tous les sens comme si le temps pressait et aller manquer pour mener à bien cette quête à la fois poétique et ethnologique. La fantasmagorie ciselée en esthète par Paradjanov est d'une beauté étrange et précieuse, due en partie à son authenticité plastique aussi bien que musicale.

Paradjanov approfondira ses recherches formelles dans "Sayat Nova", (1969), un film-objet libéré de tout lien avec la dramaturgie classique et avec quelque forme de dramaturgie que ce soit. Son indépendance d'esprit et son extrême esthétisme ont valu à l'auteur de continuelles persécutions. "

Jacques Lourcelles : Dictionnaire du Cinéma

 

 



" Les chevaux de feu, de Sergueï Paradjanov, est lui en revanche un chef-d'oeuvre absolu que la perfection éblouissante rend irréprochable. Il suffit de le voir une seule fois pour que l'on soit marqué à vie. La fièvre et la folie créatrice qui émane de cette version très personnelle de Romeo et Juliette sont prodigieuses. Il s'agit de l'adaptation de la nouvelle Les ombres des ancêtres oubliés, de l'écrivain ukranien Mikhail Kotzubinsky. De manière aucunement littérale, comprendre abstraite, instinctive et délirante, Paradjanov se focalise sur l'amour contrariée de deux jeunes amants séparés par la haine que se vouent leur famille. La narration est fragmentée par des chapitres (Ivan et Marichka ; les Alpages ; Solitude ; Ivan et Palagna ; Les masques de Noël ; C'est demain le printemps ; Le sorcier ; Envoûtement et mort d'Ivan ; Picta). Ce songe poétique témoigne d'une maîtrise formelle éblouissante pour son époque. Il génère un éblouissement (les dix dernières minutes sont inoubliables) qui ne lâche plus le spectateur. Outre les récompenses, la réussite fut si violente que ce fut paradoxalement le début des ennuis pour le cinéaste, nés de ses prises de position en faveur des intellectuels dissidents. La suite n'en sera que plus douloureuse : après Sayat Nova, le cinéaste doit faire face à des accusions incongrues (homosexualité et incitation au suicide) et souffre le martyre dans des camps de travaux. Jusqu'à sa mort en 1990, il s'est toujours considéré comme un artiste maudit et dérangeant. C'est le combat de l'expression personnelle contre le délétère conformisme qui fait que ces films possèdent cette force inouïe et vitale. "

(Lire l'intégralité de la chronique sur DVDRama, ICI )

 

 



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