GERRY de Gus VAN SANT

Publié le par cinefils



CE FILM SERA PROJETE LE MARDI 22 AVRIL A 18H30

DANS LE CADRE DU CYCLE :

CINEMA ABSTRAIT / PARADOXES ET PLASTICITES






" Une voiture roule lentement accompagnée du piano mélancolique d’Arvo Pärt. Un soleil omniprésent qui berce l’image d’un halo de lumière. Ainsi débute Gerry, la nouvelle merveille signée Gus Van Sant, une heure et demie d’une expérience contemplative unique. Né d’un voyage en Argentine avec deux acteurs, Matt Damon et Casey Affleck également co-scénaristes du film, Gerry prend la pensée actuellement en cours à Hollywood à contre-courant. Ici, pas de narration implacable, pas de psychologie appuyée, peu de dialogues: tout s'établit par le visuel, les sensations, les non-dits, les silences... Deux hommes et le désert suffisent pour raconter l’humanité. Gus Van Sant étire de sublimes plan-séquences jusqu’à l’hypnose, jouant divinement sur la dilatation du temps pour nous faire ressentir les doutes des deux personnages, perdus dans une nature immense et magnifique. L’amitié cède peu à peu au malaise, la balade vire au cauchemar. "

(Lire la suite de l'article sur Film culte, ICI )


" Même métamorphosé en cinéaste ultraformaliste, Gus Van Sant reste un Américain pétri de croyance dans les pouvoirs de la fiction. Il reste aussi celui qu'il fut au temps de My own private Idaho : un auteur épris de ses personnages, attentif à les acheminer vers un destin. D'où un film généreusement hybride, d'abord drôle et absurde, puis tout à la fois abstrait, sensoriel et épique. Plus Gerry et Gerry se fourvoient de canyons en dunes, plus la dimension physique de leur dérive est palpable, dessèchement, brûlures, suffocation, jusqu'à la naissance des mirages, la perte de soi. Le travail expérimental du cinéaste prend alors tout son sens : Gerry est une machine à produire des états seconds. L'étirement hypnotique des séquences, le jeu des travellings avec la cadence des pas conjoints de Matt Damon et Casey Affleck, les musiques planantes d'Arvo Pärt, la danse accélérée des nuages, tout concourt à instaurer un régime de réalité limite, à la frontière de l'hallucination et de la transe. « L'épouvante est le propre de l'impression que produit la beauté », écrivait le poète Leopardi. Il en va ainsi des espaces traversés, Vallée de la Mort, déserts de sable ou de sel blanc : leur majesté aride à perte de vue n'a d'autre effet que de renvoyer les deux marcheurs exsangues à l'hypothèse de leur solitude absolue et de leur disparition. Du coup, c'est une autre frontière qui menace de s'effacer : celle qui sépare la civilisation de la barbarie. On n'en dira pas plus, mais pour peu qu'on aime interpréter l'inexpliqué, Gerry est un film de rêve, ouvert à toutes les spéculations romanesques, existentielles, allégoriques. Ce qui n'interdit pas de l'aborder avec, au contraire, l'imagination à marée basse, en prenant à la lettre le régime sec infligé aux deux protagonistes : se délester de tout pour se laisser éblouir davantage, et encore mieux se perdre. "

(Lire l'intégralité de la crtitique sur Télérama,  ICI )








Projection suivie d'un débat.

Prix : 1d500.

Prochaine projection débat du mardi 29 : FIVE de Abbas KIAROSTAMI


Cycle mai : LA PAROLE AU MUET : NAISSANCE D'UN ART


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