CE FILM SERA PROJETE LE MARDI 25, A 18H30, EN CLOTURE DE NOTRE CYCLE :
WESTERN - MULTIPLICITES D'UN GENRE
" Dead Man est beaucoup plus qu’un curieux western post-moderne teinté d’un sens de l’humour particulier. C’est une réflexion
fascinante sur la mort, une profonde remise en question du mythe américain, ainsi qu’un vibrant poème sur la beauté de la nature. Le film a aussi le mérite d’explorer la culture
amérindienne avec un profond respect de celle-ci, sans la moindre trace d’une morale facile comme celles de The Searchers ou de Dances With Wolves.
Mais c’est surtout un voyage fascinant que l’on partage avec William Blake et duquel on sort changé, en regardant la vie d’un œil different. Un voyage qui mérite d’être fait maintes fois afin
d’en capturer toutes les subtilités. Dead Man est le chef d’œuvre de Jim Jarmusch, une réinvention du western, un véritable western existentialiste pour être plus
précis, qui s’avère être l’aboutissement de son style personnel, ainsi que l’exploration la plus profonde de ses thèmes habituels. Sans aucun doute, l’un des meilleurs films des années
1990, sinon de tous les temps. "
(Lire l'intégralité de l'article sur
Panorama Cinéma ,
ici.)
" Daté et localisé (1850, Etats-Unis), Dead man est l'histoire d'une progression - ou bien d'une régression - dans un espace et un temps qui ne tiennent
ni de la carte ni du calendrier. Le film d'une échappée imposée par un refus et un dégoût de la civilisation blanche et par une nostalgie de l'Amérique précolonisée. De la vision hyperréaliste
du début (la ville de Machine comme un véritable cloaque, les faces de dégénérés des pionniers...), le film s'enrichit progressivement d'autres tonalités - absurde, burlesque, contemplative-
pour finir complètement hébété. Multipliant les registres sans quitter l'épure du rythme, Jarmusch fait insensiblement basculer son film du réalisme vers le mythologique.
Le long prégénérique qui impose avec insistance au spectateur le rythme de la locomotive n'est pas un maniérisme mais le passage obligé pour pénétrer dans le film, s'habituer à son pouls de
plus en plus lent, ample et organique. C'est par ce tempo et par l'étrange consistance qu'il confère aux images de la nature que Dead man peut évoquer par moments La forêt
interdite de Nicholas Ray ou La Nuit du chasseur.
Western par nécessité plus que par choix, Dead man, film merveilleux, n'a rien du revival ou du pastiche. Le génie y est simplement le lieu propice à ce voyage à rebours qui
n'est ni pessimiste ni mortifère - on rit beaucoup en le voyant - mais l'aspiration à un ailleurs où les inadaptés pourraient trouver asile. Ainsi, Dead man éclaire a posteriori
l'œuvre antérieure de Jarmusch et fournit une explication de la tristesse de ses personnages : ils voulaient être indiens. "
(Lire l'intégralité de l'article sur l
es Inrocks ,
ici.)
" Faiseur d’intrigues lilliputiennes, négligent les plus élémentaires règles de syntaxe, Jim
Jarmusch ne se résout à empoigner la caméra qu’une fois toutes les pièces du puzzle réunies. Ses longs métrages, imprégnés de prose désenchantée, ne se soucient guère de la cohérence d’une
histoire ou de la rigueur des jointures. Dead Man mûrit lentement, à partir de notes de voyage, de visions sépulcrales, et conserve ce caractère flottant, indécis. ...
Jarmusch fait primer l’atome sur le noyau dur. Aux déferlements de la raison, il préfère les intermittences et les dérives. Les césures narratives sont autant d’enjambements et de respirations
limpides, à la manière d’un quatrain ou d’une élégie. Récréations simultanées, flash-backs contradictoires, ressassements des mêmes situations: Jarmusch distord le temps en imposant un
montage musical et incisif. Neil Young compose instinctivement la bande originale de Dead Man. "
(Lire l'intégralité du portrait de Jim Jarmush sur Film Culte , ici.)
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