Voyage au bout de "cette" nuit... des morts vivants : aperçut sur les films (bandes-annonces et articles de presse)

Publié le par cinefils


 

  • Il y a un an, CINEFILS n'était qu'une idée abstraite, un désir de deux passionnés de cinéma.

En cette fin 2007, l'idée s'est concrétisée et le désir est devenu un plaisir : CINEFILS EL HAMRA est un jeune club de cinéma qui existe depuis maintenant presque 4 mois.
4 mois, de travail, de bonheur, de tensions, de passion mais surtout et avant tout, 4 mois d'images et de films.
Au total, nous avons eu le plaisir de vous présenter et de voir avec vous 19 longs métrages et 9 courts métrages.

  • Cette nuit, nous vous en proposons encore 5, autour du cinéma d'horreur au sens large du terme et avec une gamme large de sélection : temporelle (le plus ancien film date de 1968 alors que le plus récent de 2002), spatiale (ces films sont issus de 4 pays sur 3 continents différents) et de genre (horreur, épouvante, fantastique, giallo, trash, gore...).


Cette nuit, nous l'avons conçut à la fois cinéphilique (choix des films) mais aussi festive et conviviale (déguisement souhaité, ptit' déj’ offert, et quelques autres surprises...).

  • N'oubliez donc pas :

- 19h, ouverture du guichet, 20h début des projections, 05h p'tit dej'.
- Venez déguiser pour que la fête soit totale.
- Encore une fois, n'hésitez surtout pas à relayer l'info et ramener vos ami(e)s.



  • Voici quelques extraits d'articles de presse, de critiques, d'analyses. Elles ne dévoilent pas les intrigues des films, donc si vous voulez en savoir plus vous pouvez suivre les liens pour lire les intégralités des textes.


Nous vous proposons aussi des liens pour regarder les bandes annonces des films.


28 days later de Danny BOYLE

28 Jours plus tard est une allégorie futuriste, un récit de fin du monde entre film d’anticipation et road-movie d’horreur. Par sa puissance métaphorique et sa construction narrative, le film de Danny Boyle répond en écho à Apocalypse Now, le chef-d’œuvre halluciné de Francis Ford Coppola. La rage au ventre, le réalisateur de Trainspotting ne pose pas sa caméra dans les rizières du Vietnam, mais au cœur d’un monde occidental dévasté par un fléau créé par l’homme: la fureur.
...
Danny Boyle applique consciencieusement une leçon élémentaire du cinéma d’horreur. Ce qui angoisse le spectateur, c’est moins le caractère inéluctable de l’affrontement que le moment imprévisible où la violence éclate. A l’instar de Rage de David Cronenberg, les personnes atteintes par le virus sont prises d’une frénésie sanguinaire. Les yeux injectés de sang, elles n’ont d’humaine que leur apparence physique. Leurs mouvements fulgurants, saccadés, incertains, contrastent avec le sang-froid affiché par les résistants. Malgré la présence de quelques scènes chocs, 28 Jours plus tard ne se borne pas à une succession de morceaux de bravoure. L’essentiel du discours porte sur la condition humaine. Le film se compose de trois parties bien distinctes, trois étapes d’un voyage au bout de l’enfer.
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Sous l’apparat d’un film de zombie, Danny Boyle explore ses thèmes de prédilection et s’approprie une nouvelle fois la maxime de Jean-Paul Sartre: "L’enfer, c’est les autres". Des scènes d’émeute projetées sur petit écran à des singes cobayes jusqu’à l’affrontement final: toujours cette même violence déchaînée, ce même besoin de puissance, ce désir de dominer son semblable.
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28 Jours plus tard est le meilleur film d’un cinéaste sous-estimé qui construit film après film un univers passionnant et homogène.

(L'intégralité de cet article à lire sur filmdeculte.com ici.
Voir la bande-annonce française ici.)


Evil dead de Sam RAIMI

La reprise en salles du premier film de Sam Raimi (1981), bande d’épouvante sauvage et définitive qui instaura, dans la foulée des folies gore commises à partir du milieu des années 70 (en Italie avec Suspiria et les films de cannibales de Lenzi et Deodato ou aux USA, avec Zombie ou Maniac), la naissance d’une nouvelle approche du film d’horreur : sanglant, résolument, mais surtout hyper-ludique, avec l’instauration d’une dimension ironique, anarchiste et adolescente qui allait s’amplifier au cours des années 80. Avant les effusions fluo-gerbatiques de Street trash ou Re-animator, Evil dead acquit donc le statut de film étendard pour deux ou trois raisons : une mise en scène aux amphétamines, un déluge d’effets spéciaux artisanaux et la mise en place d’un univers plongeant directement ses racines dans le comics et la bande dessinée.

 

Sur une trame anorexique (cinq branquignols se retrouvent dans une maison hantée au milieu d’une sombre forêt), Raimi enchaîne les tours de force visuels avec une énergie prodigieuse. Conçu à partir d’un budget misérable, Evil dead tire sa force d’une absence totale de complexes (l’affiche de La Colline a des yeux de Craven qui se trouve dans la cave dit bien que tout ici est question de flambe potache), où seul compte le plaisir forain de casser les règles d’un genre alors en pleine explosion. Voir Evil dead aujourd’hui est avant tout l’occasion de constater où en est le genre aujourd’hui : la santé, le refus de toute limite de Raimi, notamment, peuvent être vus comme le parfait négatif des slashers programmatiques, cyniques et aseptisés qui saturent le marché contemporain.

 


(Lire l'intégralité de l'article sur chronicart.com ici.
Voir la bande-annonce américaine originale de 1981 ici.)


Ring d'Hideo NAKATA

Ring surpasse aisément les séries genre Vendredi 13, et au fur et à mesure de son déroulement, va faire oublier les ados de Craven pour se rapprocher plutôt du Lost Highway de Lynch (une cassette génère le Mal) et de l'éthique tourneurienne du non visible. Après la mort de la lycéenne, une journaliste mène l'enquête mais se retrouve très vite touchée à son tour par la malédiction : elle a regardé la cassette, il lui reste sept jours à vivre, sauf si elle trouve la solution pour mettre un terme au maléfice. Nakata ne se départit jamais de sa rigueur patiente, de sa sobriété de geste, de son économie d'effets : nulle frénésie de mouvements dans son filmage, pas d'esthétisme exhibé, pas de montage trépidant, mais une façon remarquable de mettre le spectateur en tension permanente, de lui faire croire que le Mal peut surgir dans l'écran à chaque instant. Puisque le cinéaste ne montre pas ce qui tue, la chose léthale peut donc être partout, tapie dans chaque endroit du quotidien, tramée dans chaque recoin du plan, nichée sournoisement dans une collure du film. Dès lors, une simple télé qui s'allume, une simple lumière éteinte, ou la fouille d'un puit deviennent chargés d'une lourde menace.

(Lire l'intégralité de l'article sur les inrocks.com ici.
Voir la bande-annonce ici.)


Suspirira de Dario Argento

On parle toujours de la magnificence visuelle de "Suspiria", mais on oublie trop souvent l’évidence : son envoûtement prend source dans le son, "agit sur la réalité de façon maligne", comme dira le professeur Milius à Suzy à propos des sorcières. Et si la musique des Goblins atteint ici son sommet, c’est qu’elle n’est plus seulement chargée de dramatiser les scènes : elle est un personnage, certes invisible, mais à part entière. Murmures, cacophonies, incantations, tout a été enregistré avant même le tournage du film et été diffusé pendant les prises de vue, branchant les actrices sur le courant haute tension d’un hypnotisme surnaturel.
...
Le prodige de "Suspiria" est qu’il pousse à l’extrême tous les aspects horrifiques et esthétiques qui sont les siens. Non seulement la bande sonore diffuse une atmosphère de terreur sacrée, mais les images elles-mêmes participent à cette bacchanale des sens. On a assez parlé de la perfection graphique du film : décors, lumières, couleurs obtenues grâce au même Technicolor que celui qu’on utilisait dans les années 50, tout cela compose un univers baroque et hyper stylisé qui sature le regard du spectateur et l’enivre d’un plaisir fasciné.

C’est sur ce fond pictural luxueux que les meurtres s’inscrivent, avec une violence inouïe de beauté gore, sèche et brutale, le charcutage des corps libérant une sève sanglante qui s’unit au reste du tableau. Le scénario est d’une minceur confondante, mais à contrario chaque plan, chaque scène devient en elle-même une œuvre d’art. On peut ouvrir une galerie de photographies à partir de captures d’images de "Suspiria", la qualité de chaque plan recelant des trésors de composition. La moindre des choses, quand on vient du pays de Titien et de Tiepolo…

(Lire l'intégralité de l'article sur horreur.com ici.
Voir la bande-annonce française de la ressortie du film en novembre 2007 ici.)


La nuit des morts vivants de George ROMERO

Le premier film d’horreur de l’histoire du cinéma est un huis clos explosif, une épopée cruelle et efficace, une parabole cynique et politique sur la monstruosité du monde.
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Stylistiquement, La nuit des morts vivants s'inscrit dans la lignée du cinéma-vérité. Pour des raisons économiques, l'image est en noir et blanc. L'action se déroule dans un décor unique, le son est pris sur le vif, le cadrage serré, la caméra portée à l'épaule. Le montage et la musique sont discrets mais efficaces. Les acteurs miment le souffle de la vie et puisent au fond d'eux-mêmes leurs émotions, comme l'enseignait l'Actor's Studio. George A. Romero exhume une forme devenue banale - le huis clos - en prenant à contre-pied les attentes du spectateur.
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Réalisé en 1968, le film eut un succès immédiat et fut même présenté quelques années plus tard au Moma (Museum of modern art) de New York. Cette intrigue paranoïaque, épopée horrifique dont le héros principal est un Noir, se faisait l'écho des préoccupations politiques de son temps. Aujourd'hui, le statut des personnages, les morts décervelés et les médias bavards continuent de surprendre et d'intriguer. Romero a établi les conventions d'un genre. Son film, maintes fois copié et réadapté, reste une référence.

(Lire l'intégralité de l'article sur arte.tv ici.
Voir la bande-annonce américaine originale de 1968 ici.)


  • Bonne lecture, bon visionnage, en attendant de vous voir nombreux parmi nous cette nuit.



L'équipe de CINEFILS.


 
 
 

 

Publié dans Programmation

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Commenter cet article

D&D 29/12/2007 17:11

Eh bien mais bonne soirée alors !
Je trouve vraiment votre projet très beau, riche et ouvert : une joyeuse manière de vivre la cinéphilie.
Ce n'est pas si fréquent, je le crains.
Bravo ! Et tremblez bien...