Ebauche d'un texte de présentation

Publié le par cinefils



 

Le collectif « Cinéfils » est naît d’un double constat : celui de la disparité des structures œuvrant pour la promotion de la culture cinématographique ; et celui que, paradoxalement, cette disparité même ne représente que partiellement la diversité du cinéma.

 

« Cinéfils » se veut donc d’être un autre prisme dans le kaléidoscope. Mais il n’est pas une pierre ajoutée au mur, car un mur sépare deux espaces. C’est une pierre enlevée au mur entre le cinéma intérieur des salles obscures et le cinéma extérieur qu’est la rue, la société.

 

 

Si le poème est un « piège à infini », le film est un « piège à réalité ». Piège qui emprisonne. Nous disons par euphémisme qu’il impressionne. Piège qui par cette impression même, dénature la réalité qu’elle emprisonne. Et c’est tant mieux, car une œuvre filmique germe dans l’impureté à l’interstice entre un œil et une réalité.

 

Le cinéma c’est un morceau de regard dans un morceau de réalité.

 

Le cinéaste est un artisan : sa matière première est la réalité. Il en fabrique des images : mouvantes et sonores. En un mot : musicales. Des images qui s’animent comme des pantins sur un écran. Des images qui, dans un mouvement d’en-vie, prennent chair, prennent corps, dans l’esprit de celui qui les regarde. Ou plutôt dans l’esprit de celui par qui elles se laissent regarder.

Alchimie de l’image. N’est-elle pas, l’image, anagramme de magie ?

 

 

Le mouvement d’en-vie qui anime le collectif « Cinéfils » est celui de tenter de réamorcer le processus d’une culture cinématographique de qualité en sensibilisant à l’histoire et l’esthétique des films ; ainsi qu’aiguiser un regard critique face au langage des images.

 

« Cinéfils » est un collectif mais aussi un lieu. Non pas un rond-point, mais un carrefour où sont invités à se croiser tous les chemins de la cinématographie. Ce lieu est l’espace El-Hamra, qui retrouve ainsi ses origines puisque avant d’être un théâtre, c’était une salle de cinéma. Nous essaierons quand à nous de retrouver les origines de la cinéphilie, à savoir la passion du cinéma et la volonté de la partager avec le plus grand nombre.




Bien-sûr, si nous décidons de mettre en ligne ce texte avant sa finalisation, c'est pour avoir votre avis, alors tout commentaire, toutes proposition ou critique est bienvenue.


Publié dans Présentation

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kacem 11/08/2007 05:46

Le premier Citoyen
Ce qui est chez Dieu, n’est pas loin derrière les palmiers. Un homme noir, complètement nu s’approche de Hakim ; je présume qu’il est cannibale. La capitale Nawaat est sur le territoire d’une tribu de cannibales, d’où son nom : La République Islamique des Cannibales.

L’homme noir, voit en Hakim un gibier, ni plus ni moins, alors que ce dernier cherche à lui couvrir les fesses. Ces dents bien aiguisées font peur à Ghoulem, Kais a compris que son maître peut être un bon met pour toute la tribu. Sans hésiter, il s’attaque au postérieur du noir mais un coup de pattes de Ghoulem le remet à sa place.

Hakim n’a pas d’autre idée que de créer la première prison de Nawaat, voilà qu’il attache le noir au tronc d’un palmier. Comment peut-on être Hakim et ne pas savoir se défendre. Le lendemain, Hakim nomme le noir, lui donne une identité et un passeport verdâtre bien sûr. Son nom est tout simplement Rahma : dans la logique de Hakim, cet homme noir là présente une offrande du ciel, donc Dieu a envoyé Rahma pour sauver Hakim et sa république de cannibales.

Rahma commence à apprendre l’arabe, à prier bien sûr ensemble mais aussi à manger toujours après Hakim. Petit à petit il devient le serviteur de son maître. Hakim augmente sa confiance en lui-même, il s’est rendu compte que toutes ces démarches sont justes, la preuve, c’est que Dieu lui a envoyé un soldat. Il commence la construction de la première mosquée, grande, jolie, spacieuse et bien sûr avec l’incontournable minaret vert.

Au pays des Cannibales
Rahma conduit la caravane vers le pays des cannibales, tous ces noirs doivent prier derrière Hakim. Il présente son maître au chef de la tribu, qui refuse les propositions de Hakim d’entrer dans la religion musulmane. Hakim observe, son arme cachée derrière son dos, et quand le chef a voulu quitter le lieu, Hakim lui place son grand couteau au milieu de son dos. Tous les autres cannibales se mettent à genoux devant Hakim. Le jour même, il devient le chef suprême de cinq cents cannibales. De retour à la capitale Nawaat, il rencontre une caravane de chameaux. Sans la moindre hésitation, Hakim ordonne aux cannibales d’attaquer le berger et de prendre ses bêtes. Le berger est mis en prison, sinon des informations peuvent arriver au monde extérieur, Hakim veut fermer la république des cannibales, jusqu’à ce qu’il reprenne ses forces et nomme un ministre des affaires extérieures.

Hakim ne marche plus à pieds comme les noirs, mais il est transporté assis sur un trône construit par des roseaux de canne à sucre. Nous ne sommes pas loin du Nil vert, en plein Soudan. Donc il est arrivé au point décisif de son combat et de son rêve. Les femmes sont là, les enfants sont là, la vie est là, la nourriture est là, l’armée est là, la force aussi est là. La porte du Jihad est grande ouverte.

Hakim a gagné toutes ses guerres, enseigné tous ses connaissances, et a parcouru tous les territoires du grand sahara. Sa république s’étend sur des millions des kilomètres carrés. Son armée est la plus forte, la plus entraînée et la plus efficace. Il attend le jour J. Il dort bien, il pense bien. C’est impressionnant de voir Hakim dormir sur un lit fabriqué à l’aide de cannes à sucre et couvert par de la soie. Le monsieur dort sur un lit trop confortable, doré et en plus, flottant sur l’eau de Nil. Le lac vert de Hakim est un paradis sur terre. La nuit, ses serviteurs l’emportent sur son lit dormant comme un bébé. Les gardiens et les agents l’entourent accompagnant le lit- trône. Sur les petites vagues et la musique de l’eau, Hakim dormait pour des dizaines de kilomètres, il voyageait même en dormant...la nature annonce l’arrivée d’un grand monsieur sur terre, la nature annonce un rêve.

Voici de quoi il rêve cette nuit d’octobre :

Hakim est debout en plein Sahara, il marche doucement entre les dunes de sable brillantes. Tout à coup, tout se transforme autour de lui, la nature se métamorphose pour que Hakim se trouve entouré par des arbres, des fleures et du gazon, en fin un vrais printemps qui s’installe. Il avance doucement vers un arbre, là ou une gargoulette est attachée au tronc de cet arbre magique. Le poignet de la gargoulette est doré, la corde qui l’attache est en bronze. Hakim à les yeux ouverts, le visage vif et la poitrine presque transparente. Ses battements du cœur font vibrer les branches des arbres pour qu’un petit vent souffle doucement pour faire propager l’odeur de jasmin. Il avance vers cet arbre pour qu’il touche la gargoulette. Elle est froide, humide et magique. Il la prend entre ses mains pour boire tout le lait à l’intérieur. La gargoulette est vidée dans son ventre.

Autour de lui, la nature se prépare encore une autre fois, mais cette fois-ci, d’une façon plus magique que la première, les fleurs se transforment doucement en des fruits murs. Aucune fleur n’est perdue. Toutes sont fertilisées. Les branches des arbres sont devenues si lourdes, qu’elles se penchent vers le sol humide pour le toucher en le caressant. Toutes ces pendules en fruits murs présentent des lustres extraordinaires. Les oiseaux applaudissent avec leurs ailes, les abeilles et tous les autres insectes ont formé le plus grand groupe musical. Hakim est en train d’écouter la plus belle symphonie qui puisse exister au monde.

Entre ces arbres fruitiers, ces palmiers et ces fleurs, un chemin s’ouvre devant les yeux de Hakim, un chemin de soie, couvert par les ailes des oiseaux. Un homme sans cortège marche en direction de Hakim, cet homme est impossible à décrire, vu qu’il présente le seigneur de tous les seigneurs, il n’est autre que Mohamed Ibn Abdellah Ibn Abd El Moutalib (SAS). Hakim de l’autre côté cherche avec tous les moyens de découvrir son visage, sa beauté et sa bonté. Il fait allonger son cou au maximum, il fait aussi ouvrir ses yeux au maximum, mais ses pieds sont fixés à terre comme s’il ne peut bouger de sa place. Hakim est devenu comme une pendule fixée aux pieds.

Il cherche à voir le visage de Abal-Kacem (SAS), mais les feuilles et les fruits des arbres couvrent le bon visage, comme si le grand monsieur est protégé par la nature elle-même. Hakim n’arrive pas à faire le plein de ses yeux. Hakim n’arrive pas même à sentir son odeur, il n’y avait ni rideaux, ni barrières entre les deux hommes. Hakim commence à trembler, il tombe par terre trompé dans la sueur, il pleure, il pleure sa chance ratée de n’avoir pu regarder le plus beau visage sur terre...Hakim à genoux..., il cache son visage avec ses grandes mains, il continue à pleurer...Il pleure, il pleure...Juste au moment où il n’a plus de force, il tombe par terre à plat-ventre. Hakim a raté sa plus grande chance : celle que jamais, jamais quelqu’un autre que Kacem ne lui a donnée.

Le réalisateur : « Je ne peux pas aller plus loin avec toi cher ami ; j’ai tout fait pour que tu sois honoré, bien accueilli. J’ai voulu de tout mon cœur te donner cette chance de voir notre prophète Mohamed (SAS). Mais tes forces et tes pieds t’ont trahi. »

Ici le rêve de Hakim est terminé. Pour finir il tombe dans l’eau froide et découvre qu’il est encore en vie, entouré par ses gardes et ses serviteurs. Ils l’ont pris à la maison totalement en désordre. Hakim tombe malade, il n’arrive pas à comprendre comment il a pu rater de voir Mohamed (SAS). Alors, il commence à donner toutes les interprétations possibles et impossibles de son rêve. N’importe qui ne peut voir le prophète Mohamed, même dans un rêve. Il faut être vraiment si noble et si croyant et si sage. Hakim arrive à se convaincre qu’il lui manquait quelque chose ; peut être de la sagesse, du courage, de la détermination, de la directivité, de la noblesse. Hakim a cru dans son rêve, vu qu’il découvre qu’il peut réciter les 60 Hizb du Coran par cœur, autre fois il n’avait pas ceci...

A Suivre...
Le réalisateur : « Mon seigneur qu’est ce que je fais avec Hakim alors qu’il récite tout le Coran ? Je n’ai plus d’idées pour lui, je le laisse choisir entre les deux voies. »

Hakim n’est plus comme autrefois, son rêve va déterminer toutes ses actions futures. Il se pose la question : suis-je dans la bonne direction ? Si c’était la bonne direction que j’ai choisie auparavant, donc vers l’Est, j’aurais pu voir mon prophète (SAS) dit-il. Hakim reste au milieu du carrefour : continuer vers l’Est ou rebrousser chemin vers l’Ouest. Il a beaucoup de conseillers, mais ces gens là sont encore des nouveaux musulmans et en plus cannibales. Ils ne peuvent pas lui donner la bonne décision. Hakim n’arrive pas à comprendre la complexité, la gravité et la suite de ses actions. Ses enfants et ses femmes veulent être tranquilles, stables et en paix. Ici, il commence à imaginer la vie des autres, des non-musulmans, des enfants de ses ennemis. Hakim est pris par la turbulence et l’orage, il a le mal de tête.

Une question ne le laisse plus dormir : pourquoi ne s’est-il pas installé définitivement chez lui, sur sa terre natale ? Pourquoi ne pas offrir la paix au peuple tunisien ? Pourquoi ne pas libérer la Tunisie de la dictature ? Hakim décide d’envahir son propre pays, et d’installer une république juste, islamique, révolutionnaire par la force, l’armée de 100.000 combattants est là, les armes sont là, l’expérience aussi est là.

De bon matin, Hakim sur son trône, porté par ses soldats cannibales rebrousse chemin. Sa destination est le jardin de jasmin. Ghoulem n’a pas compris, Kais non plus, ils sont trahis tous les deux. Ils décident de quitter l’armée de Hakim, ils ne rentreront jamais chez eux en tête d’une armée, ils ne participeront jamais à une sale guerre contre leur pays et contre les mains qui les ont nourris et fait grandir. Ils quittent en cachette vers le nord, Ghoulem est géostatique, Kais est un radar, ils ne se perdent jamais.

Ils sont déjà devant les champs de mines, Hakim lance derrière eux le tiers de son armée de cannibales. Lui, il continue à traverser le Sahara, direction à l’ouest, ses soldats meurent tous dans les champs de mines. Kais sait bien où il faut placer ses pattes, Ghoulem le suit scrupuleusement. Seuls mes amis ont pu traverser ces champs minés, alors Hakim entend chaque jour, deux ou trois explosions de mines. Les chacals ont trouvé quoi manger pendant plusieurs jours. Le tiers de son armée est décimé et déjà dans les ventres des chacals.

Il continue vers l’ouest, sans problèmes et sans dangers, toujours intronisé sur les épaules de des ses soldats, mais cette fois ci, il n’est plus jeune, n’est plus vigilant et n’est plus sage comme autrefois.

Kais et Ghoulem, sans répit, continuent à marcher vers le nord, puis vers l’est pour arriver les premiers aux frontières de leur pays. Ils y entrent, ici ils ont pris encore plus de force, ils sont chez eux. La nuit ils dorment comme des enfants, pas loin de la route conduisant à la petite république de Kacem.

Ils rentrent chez eux ; chez moi dans ma maison, je suis sorti pour les voir, les accueillir et les embrasser, Ghoulem est devenu totalement blanc, ses cheveux noir ne sont plus vifs, le pauvre a survécu à la sagesse de Hakim, peut être qu’il n’a jamais pu supporter ses idées et ses rêves.

Kais, avec sa barbe, ses yeux mi-ouverts, mi-fermés, a perdu du poids et le sens de l’odorat. J’ai déchargé Ghoulem, les deux sacs sont pleins de cahiers, de papiers et de cartes. J’ai lu toute l’histoire de Hakim et toutes ses aventures. Je me suis posé la question, mais pourquoi Kais et Ghoulem l’ont quitté ?

Kais, ses yeux dans mes yeux, s’approche de moi et me traîne vers la bibliothèque pour me pousser vers ma carabine. Il saute sur le bureau et prend la direction de la carabine et ses cartouches. Ici, j’ai compris que la guerre n’est pas loin. Hakim a pris la direction ouest et nous attaquera du front saharien.

Hakim, n’a rien compris, n’a rien appris dans sa vie, quoi ? Il veut se venger, mais de qui ? D’un pouvoir ou d’un peuple. Si ce peuple est comme ça, Hakim n’arrivera jamais à le convaincre par la force. Je tiens ma tête entre mes mains, j’enlève mes lunettes. La carabine est sur mon bureau, les cartouches sont là. Je suis poète et je ne peux pas tuer, même pas une mouche, comment alors tuer son propre ami ? Hakim que je viens de créer dans ma mémoire.

Défendre mon pays, ma république est aussi une obligation. Je ne sais quoi faire ?! Je dois demander l’aide aux gens plus compétents et plus sages que moi, le pays risque d’être attaqué d’un jour à l’autre, il faut se préparer à la guerre.

J’écris une petite lettre aux généraux de l’armée tunisienne en leur disant que la Tunisie est la cible d’une grande armée de 70.000 soldats cannibales. Deux jours après, j’écoute que la Tunisie est totalement mobilisée, l’armée, la police, la garde nationale et les combattants bougent vers le sud. J’ai chargé mon arme et je prends le chemin du front.

Juste à la porte du Sahara, je vois les soldats, les agents de police et de la garde nationale qui reculent, les gens ne veulent pas défendre leur pays. Les jeunes entre eux refusent les ordres des généraux, en répétant que nous ne défendrons jamais un régime corrompu. Le front est ébréché devant Hakim. Je rentre du front pour chercher les patriotes, aux lycées, aux écoles primaires, dans les usines, partout. Les Tunisiens ne veulent pas défendre leur pays, les tunisiens ne sont pas là. Un peuple perdu, un peuple sans foi et sans pitié. Ils ne veulent pas défendre leurs enfants, les oliviers, les palmiers et les bêtes.

Réflexion
Voilà, le résultat d’une politique basée sur la répression, l’exclusion et la méfiance. Le citoyen tunisien n’est plus là, il se déteste lui-même et le jour de sa naissance sur sa terre, mère patrie. Totalement vide, accablé et incapable il est devenu une paroi facile pour toutes les idées comme l’intégrisme et l’immigration clandestine. Un citoyen mal servi aux hôpitaux, aux écoles, aux cours et dans les universités devient son propre ennemi.

Un Etat qui voit dans ses citoyens des terroristes n’est pas un Etat digne de respect, un Etat qui ne cherche pas les vraies causes de ses problèmes n’est plus à la hauteur de sa mission. Un Etat basé sur la corruption et l’injustice ne peut avoir que la forme d’un virus. Il se déguise de jour en jour.

Un citoyen, qui ne croit pas à la justice de son pays, qui n’a pas confiance en son Etat n’est plus un sujet fort sur lequel on peut compter pour planifier de nouveaux projets, organiser le développement, optimiser les méthodes et faire de bonnes prévisions. Tous nos calculs sont faux. L’absence de confiance entre l’Etat et ses citoyens est annonciatrice de la guerre civile et c’est la porte ouverte à une nouvelle occupation étrangère. Peut-être que nous sommes déjà dans ce cercle vicieux. Le futur de la Tunisie ne doit, en aucun cas, être conçu et pensé par quelques administrateurs ou un parti politique. Le futur de la Tunisie est une affaire nationale qui dépasse l’imagination d’un cercle fermé de quelques intellectuels. L’art et la culture sont à la base de la régénération des peuples.

Le gouvernement cherche de l’aide chez d’autres pays, le prix est l’occupation. Trop vite des milliers des navires de guerre sont installés dans nos ports...A Gabes, Sfax et Tunis, le plus beau que tous ces soldats sont accueillis par nos filles, bien habillées....les ports sont devenus des bordels. Toute la nuit, les ports sont mouvementés, des petits garçons, des petites filles qui cherchent le chocolat chez les soldats. Moi je pense que tout un bordel de pédophilie est installé à l’intérieur de chaque navire. Les soldats étrangers baisent nos filles et nos femmes en pleine rue...Oui, en plein ramadan.

Hakim n’est pas loin des frontières.

Le peuple est ainsi entre deux feux : les cannibales de Hakim et l’armée étrangère

Kacem
Je n’ai pas envie de décrire ce combat. Tout simplement je me perds entre deux visions différentes. Le film reste ouvert sans plan final, j’arriverais jamais à faire le face à face avec Hakim, ma propre création. Moi, tenant ma carabine, lui, tenant son automate. Non, je ne peux pas le faire. Non, non je ne le fais pas et je n’en ai pas envie. Peut être qu’il a raison ? Peut être que je suis faux, vraiment faux ?

A vous de choisir votre destin, moi je ne suis là que pour vous reposer la question : nous allons où, enfin ?

kacem 10/08/2007 13:26

La prochaine étape de la Tunisie
Tiens toi bien, tout ira bien Hakim, Kacem est là pour écrire les belles pages de notre histoire, ton histoire est la première, j’explorerais le fond de ton imagination. Je ne laisserais rien s’échapper sauf si je n’ai pas envie de l’écrire ou la décrire.

Hakim n’a rien compris après avoir relu tous les livres, sa mémoire est tellement vaste, qu’il voit que la Tunisie est trop petite pour lui et que tout un peuple est faux. Rien ne plait à Hakim, ni sa mère, ni son père, ni les plages, ni les arbres, ni les forêts ni même ses ancêtres. Il se trouve loin du peuple, de lui-même et même de ses propres lectures. Perdu, sans but, sans objectif et sans espoir.

La philo, qui se tient dans sa tête ne peut avoir de sens que si elle était fondée sur un Etat déjà islamique. Ici, il se trouve en contradiction directe avec ses ancêtres et ses notions de L’Islam Révolutionnaire.

Je change de Plateau et je m’en vais vers mon but

L’islam révolutionnaire tunisien est né avant que Hakim comprenne la logique primaire, c’est dans cette ville là, La Mahdia à partir de laquelle les Fatimides avaient pu fonder le Caire et l’Azhar contemporain. Hakim décide de commencer ses recherches à partir d’ici.

Attention je tourne, je change de plateau.

Au bord de la plage de Mahdia et juste en face du grand cimetière marin, donc entre les morts et les inertes, Hakim décide d’aller chercher la sagesse de l’orient. Et comme tous les pèlerins, il commence à se préparer afin de suivre la même route saharienne prise par Okba Ibnou Nafaa.

Un voyage, qui prendra des mois et même des années, il part à la cherche du savoir, du vrai sens de l’Islam et de la révolution. Comme tous les musulmans, il s’habille d’un tissu blanc sans le moindre point de couture, on parle de l’Ihram. Pieds nus, barbe courte, crâne rasé, il me rappelle les moines du nord de la chine : les chamanes de la religion bouddhiste.

Il descend la petite montagne pour se diriger directement vers le sud-ouest, sans prononcer le moindre mot, sans le moindre salut, sans la moindre hésitation, il continue à avancer à pas bien lourds mais bien résolus. Ce voyage à pieds est interminable et assez douloureux, sans arme, sans cartes, sans compagnon et sans amis. Je le voie prier chaque matin, chaque soir et chaque petite traversée. Il écrit quelques lignes et quelques phrases en passant de ville en ville. Dans ce monde, la nourriture et l’eau sont fournies bénévolement par des villageois. Quelques fois, je le voix courir et quelques fois je le voix dormir au pied d’un arbre. Il n’ pas encore quitté la Tunisie, les frontières sont aussi loin que ses pensées et ses rêves.

Le prochain village est la petite république de kacem ; il décide de la contourner, il ne peut pas la traverser, je ne sais pas pourquoi, mais je peux constater que la peur commence à envahir son cœur. Deux jours de marche perdus afin de contourner les vastes territoires de mon enfance. Hakim, continue son chemin sans prendre conscience de son entourage, ici j’ai compris qu’il manque d’expérience et j’ai peur de le laisser partir seul. Hakim refuse le dynamisme du monde et de la joie. Tout est spirituel chez lui, la nourriture, l’eau et même les animaux.

De loin, j’ai demandé à Ghoulem, l’âne sans Queue, de se préparer aussi pour ce voyage, il faut secourir Hakim. Un âne sagace qui s’est équipé lui-même du nécessaire et qui court déjà au secours de Hakim, il n’a même pas oublié de se peindre en vert pour lui faire plaisir. De loin, je voix comment Ghoulem court derrière Hakim, qui commence à s’égarer de mon champ visuel.

J’escalade vite la montagne pour assister à la scène, voilà Hakim qui s’installe sur le dos de Ghoulem. Je ferme mes yeux et je dis : Quelque soient les conditions, je ne les laisserai jamais traverser seuls ces vastes étendues de sable. Kais, déjà débout, à mes pieds, me demande la permission de suivre la caravane : Kais savait aussi que Ghoulem peut se perdre. Quand je lui caresse le dos, il comprend que c’est un ordre de son chef, il part comme un éclair derrière eux, je suis resté trop loin derrière la caravane, mais je veux encore vous décrire la scène de l’accueil de Kaïs.

Quand j’ai écouté les cris de Kais, chaque coup est senti sur ma peau et déchire mon cœur et ma patience d’y aller au secours de mon chien et de mon âne, qui sont partis seuls, mais je suis resté cloué à ma place entre mes larmes et mes souffrances, j’ai demandé à Kais de ne jamais attaquer Hakim quelque soient ses réactions et quelque soient ses convictions. Les chiens, d’après Hakim, sont sales, mais tu dois les secourir. Kais continue à marcher derrière eux, même blessé, ne laisse pas tomber Ghoulem. Il faut être à la hauteur de ta noble mission : le savoir et la sagesse de Hakim. Kais, continue ton chemin avec eux, garde tes distances et vas jusqu’à la fin...

La caravane de Hakim est presque arrivée aux frontières, ils doivent « brûler » demain de bonne heure. Moi, je reste sur place et je ne vais pas avec eux ; je reste dans le pays du Jasmin, je n’ai besoin ni de la sagesse, ni du savoir. Je n’ai pas quitté ma place qu’après avoir compris qu’ils ont bien traversé, tous les trois, les frontières et les champs de mines.

Un autre kacem vous décrira le déroulement de ce voyage mystique. Ils sont en plein Sahara libyen, il fait chaud, terriblement vert ; Hakim découvre ainsi le livre vert, le prend entre ses mains et commence à lire ses histoires. D’un oasis à l’autre, d’un livre à l’autre ils continuent leurs quêtes de savoir. Ils prient tous les trois, Kais a déjà une barbe, Ghoulem récite pas mal du Coran. Ils sont tous devenus des révolutionnaires. Hakim a gagé le pari.

Il devient aussi confiant en lui-même et fort, il commence à réfléchir comment faire de ces animaux, une vraie armée. Les dents de Kais, la force de Ghoulem et la tête de Hakim sont les principaux facteurs de puissance de n’importe quel gouvernement. Ici, Hakim commence à voir les choses autrement, il décide de monter une armée et pourquoi pas gouverner le Sahara. Quand on est armé on devient sûrement plus fort, il décida d’aller attaquer les villages noirs et par la suite faire propager sa philosophie, jusqu’à Karbala, et deviendra ensuite Ayatou-Allah Hakim.

Déjà, il est séduit par cette idée de Ayatou- Allah. Kais et Ghoulem n’ont rien compris, leur chef suprême est devenu le roi du sahara. A partir d’une caravane, Hakim arrive à monter un gouvernement islamiste révolutionnaire mobile, sans frontières ni limites, pour le moment il ne revendique pas de territoires. Le prochain oasis sera la capitale, le voilà, ils y entrent.

Hakim descend du dos de Ghoulem, appelle Kais et commence à lire Sourat El Fatiha. Nous sommes arrivés, aujourd’hui, le 16 juin 2000 en notre capitale verte, Nawaat. Cet oasis est notre première base militaire, demain à l’aube, nous allons chercher des citoyens. Notre république islamique aura comme objectif la propagation de la culture arabo-musulmane sur tout le globe terrestre, la libération de la Palestine et de Karbala. Pour le moment et puisque nous somme encore faibles, nous ne revendiquerons pas, ni de territoires, ni d’espaces. Nous jouons les grands jeux, uniquement après avoir récupéré des soldats.

Après avoir terminé son discours relatif à la composition de son gouvernement, Hakim grimpe sur un palmier pour appeler les citoyens et les animaux à la prière : Allahou Akabar........Kad Kaamat Essalat. Sauf Kais et Ghoulem sont derrière lui, ils suivent ses mouvements à la lettre.

A Suivre ...

kacem 10/08/2007 13:05

le pélerinage du sage) 1/4 ....
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Ce film est dédié au peuple tunisien.
A tous nos enfants, à tous nos mères et pères.


Ce film va vous faire mal, donc lisez le bien, la fiction peut être un jour une réalité. Kacem est faux et je veux le rester, surtout dans ce film, pour que la Tunisie trouve la raison :


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Un film fait naître un autre, une action provoque chez moi tout un défilement de scènes, qui me font quelques fois mal, même très mal. Dans mes films, les personnages sont factices, même si leur naissance est réelle dans ma mémoire. Avec ce film, je veux participer à approfondir le débat national pour que nos choix stratégiques soient plus justes, cohérents et aient un sens. »

Dans ce film, je veux être aussi vigilant que possible pour ne pas toucher à la personne de mon héros ni au fond de notre religion musulmane.

Parmi les grands événements qui touchent tous les musulmans, il y en a un qui revêt une signification très particulière : c’est le fait que le prophète Mohamed ait choisi de quitter sa ville natale la Mecque, pour Médine. Ce fut la Hijra, conçue comme la solution pour continuer le combat, la résistance et la lutte. Mohamed (SAS) a quitté sur ordre de Dieu Lui-même. Ainsi il avait entamé son voyage un beau jour, de bonne heure le matin, à pieds et en cachette pour refaire, quelques années plus tard, un retour triomphal.

Durant ce voyage, nous ne savons pas et nous n’avons pas lu les pensées et les idées de notre prophète. Nous avons mis beaucoup de temps pour découvrir la grandeur de cet événement, mais le fond demeure inconnu. Aba el Kacem (SAS) été bel et bien préparé pour sa mission, il a une perception totale et claire du monde extérieur à l’Arabie. Ses multiples voyages lui ont donné l’expérience nécessaire et suffisamment de courage pour aller jusqu’au bout de sa noble mission. Même sa situation financière lui a permis d’accomplir à merveille la plus grande aventure au monde. Dieu n’a rien laissé au hasard. Tout était parfait, même sa stratégie de prise en route. Moi, je crois que Mohamed (SAS) a eu plein d’idées et il a bien pensé à chaque pas, dans son voyage vers le nouveau monde, à son objectif final : La paix dans le monde entier et pour l’ensemble de l’humanité. Mohamed (SAS) était accompagné par des amis proches, lesquels n’ont pas influencé son esprit, tant ses idées étaient claires et sa concentration à merveille. Donc, Mohamed (SAS) a en fait voyagé seul (une sorte de Soufisme, Spiritualisme) et ses amis n’étaient que des témoins pour l’histoire.

Attention, je tourne, j’aime mon plateau, mes rêves, mes héros, mes ânes et mes chiens, Kacem est lui même Hakim, le chien et l’âne, mais je ne peux m’approcher de la personnalité du plus noble homme jamais né sur terre, je parle de Mohamed (SAS).

Je tourne
Il me faudrait faire un petit tour du côté de la science-fiction. Un âne (Goulem) est nommé âne, pour la simple raison qu’il ne sait pas marcher à sa naissance, donc il faut lui apprendre comment marcher et changer ses pas. Tous les autres animaux savent marcher sauf lui. Autre chose très intéressante, l’âne possède une grande sensibilité aux séismes, donc il peut être utilisé comme témoin. Tous ceci est lié à sa queue, qui détermine son équilibre. Le chien (Kais) est assez familier, mais on peut ajouter un petit caractère, c’est que le chien ne distingue pas les couleurs, donc il peut confondre le rouge du vert.

Les deux animaux sont voisins, le chien est un gardien, l’âne est un porteur d’eau pour toute la population de la république de kacem. La nuit Kais est libre, l’âne, quant à lui, est attaché par ses pattes postérieures. Kais est trop vigilant, il passe les nuits à marcher, à détecter les odeurs étranges, quelque fois il passe un moment avec l’âne, mais toutes les discussions finissent mal, vu la présence des mouches de nuit. Ni l’âne, ni le chien ne savent comment le nombre de mouches augmente petit à petit. Ils passent toutes les nuits à s’accuser mutuellement d’être à l’origine de cette propagation alarmante de mouches !

Le chien a perdu sa concentration, il passe des heures et des heures à lutter contre les mouches et du coup ses fonctions de gardien ne sont plus bien accomplies. Goulem, quant à lui, décide de rompre la corde attachée à ses pattes pour se débarrasser des mouches et afin changer de place un peu plus loin. La nuit X, l’âne est arrivé à s’échapper, il traverse la petite rivière, se lave, mais reste vert comme d’habitude. Propre, en bonne santé, en pleine force, mais les mouches lui collent à la peau. Son équilibre est totalement perdu. Le chien ne savait pas que l’âne est en liberté. Affaibli par les insectes et les mouches, il découvre que l’âne n’est pas à sa place ; il part à la recherche de Goulem. Il le chasse pour qu’il retourne à sa place et s’attache lui-même, si non la guerre aurait été déclarée.

L’âne en avant, Kaïs en arrière, sont de retour à leurs places ; ils découvrent qu’ils sont à l’intérieur d’un grand jardin, aride, pauvre, plein d’ordures et fermé par un grillage. L’âne, sans réfléchir, avance vers le grillage pour le briser et sortir vers le monde de verdure. En pleine force, il court, il avance, il s’approche du mur, les mouches le poussent vers son destin et reculent pour lui faire sentir qu’elles ne sont plus là ; il a cru qu’il s’était libéré des mouches ; il a cru qu’il pouvait sauter deux mètres en hauteur, qu’il pouvait briser le grillage. Il a cru en lui-même, il a cru qu’il est fort, tout simplement il a décidé de briser le mur de fer. Hélas, il tombe comme un chien malade sous un choc électrique. Le grillage est sous tension.

Le chien, comme s’il n’avait rien vu, s’approche de lui, mais les mouches lui font barrière. Il laisse l’âne malade, blessé et sans secours et décide lui-même de sauter les deux mètres de hauteur.

Les mouches savent que le chien a décidé aussi d’aller vers l’aventure, ils l’encouragent à aller vers son but. Elles s’éloignent de lui quelques instants ; ainsi il se sent bien dans sa peau et veut profiter de l’occasion que l’âne soit par terre, donc il peut gagner 50 centimètres de hauteur. Il veut utiliser l’âne comme tremplin pour aller vers le monde libre. Les mouches s’éloignent encore de lui ; il est trop serein, il surmonte sa peur et profite de ce moment d’euphorie pour sauter. Un, deux, trois, il recule 20 mètres, il avance comme un éclair vers l’âne, la marche, il saute, il ne passe pas, il tombe à coté de l’âne, blessé profondément, les mouches aiment le sang, elles reviennent vers eux pour nicher dans leurs blessures. Ni l’âne, ni le chien ne savent rêver de la liberté. Ils sont restés à l’intérieur du macabre jardin de jasmin.

Des nuits et des jours, le manque d’eau et les maudites mouches perturbent leurs vies et leurs espoirs. Les mouches survolent les câbles et les murs de fer pour aller inviter d’autres mouches plus puissantes, leurs piqûres font de plus en plus mal.

La soif, la souffrance et la faim ont rendu les deux animaux blessés encore plus vulnérables, pas question de solidarité, pas question de discussions, chacun a ses propres calculs et sa propre vision des choses. Cet antagonisme ne perturbe guère la vie des mouches, mais au contraire, elles s’épanouissent mieux, leur nourriture est garantie grâce à leurs infatigables ailes. Elles savent voler et survoler les territoires, les rivières et aussi les troupeaux d’animaux. Ces mouches ne sont là que parce que le chien et l’âne sont blessés. Ces blessures sont profondes et la solution est dans la salive du chien. Si le chien ne mange pas, demeure faible et malade, il n’arrive pas à sécréter des bactéricides.

Solution évidente, mais terriblement périlleuse pour l’âne, vu qu’il peut perdre son équilibre. La queue de l’âne est donc mise en question, que pensez-vous d’un âne sans queue ? moi j’ai vu des chiens sans queue !!!!!!. Oui il peut survivre, autrement ses blessures seront létales. Sacrifions donc cette queue et laissons ce chien fabriquer les bactéricides. Le chien commence à manger la queue de notre âne, c’est douloureux, mais ils passe toute la nuit à lécher les autres blessures, l’âne a presque perdu sa queue, le chien est devenu plus fort, les blessures ne sont plus là, les mouches commencent à manquer de territoire, l’espoir reprend surface. Ils décident de sauter le mur de fer :

A 50 mètres du mur, l’âne demande au chien de sauter sur son dos, il court vers le mur, vers les câbles et juste à 10 centimètres il freine brusquement, pour que le chien saute de l’autre côté. Le chien est libre, l’âne encore blessé au niveau de son dos à cause de griffes du chien.

Le chien n’a jamais dit qu’il a eu sa liberté à l’aide de l’âne, donc il décide d’aller jusqu’au bout pour sauver tout le jardin de jasmin. Chaque jour il s’approche du mur du fer à l’aide d’un autre âne pour sauter à l’intérieur, il passe des heures avec son ami pour guérir ses blessures. L’âne de Hakim est devenu fort, confiant mais pas encore libre, le jour de sa liberté n’est pas loin, le chien est là pour faire bouger les choses.

Kais, un chien terriblement intelligent a eu l’idée de faire sortir Goulem : Voilà comment : sachant que Goulem possède des sabots avec des fers au niveau de ses pattes antérieures, Kais invite un autre Goulem pour que les deux ânes applaudissent juste au niveau de grillage en fil de fer. L’opération a nécessité plus que deux semaines pour créer un trou de 1m de hauteur, les autres 50 cm, Kais et son ami les ont creusés au dessous du trou. Goulem est libre.

Cette situation des mouches, des ânes applaudisseurs, des chiens creuseurs ne peut que faire naître un Hakim.

Hakim est né et a vécu à la périphérie de l’université tunisienne, il ne sait pas de quoi en fait. Il savait peut être, que ses ancêtres ne savent pas utiliser les toilettes. Il ne sait pas que ses maîtres montent sur la cuvette pour garder leur hygiène, ils oublient souvent qu’il y a les autres utilisateurs, qui sont obligés d’aller chercher des journaux pour qu’ils puissent s’asseoir comme des être humains. Ces ancêtres n’ont pas le civisme nécessaire pour pouvoir vivre avec les autres, en fait ils sont trop propres !!!!!!!. De bon matin, ils s’élèvent pour se laver, ils marchent dans le corridor avec leurs chlaks (chaussons) pour faire réveiller tous les étudiants épuisés... chlak, chlak... chlak... Un bruit terrible et incessant qui ne vous laisse pas dormir. Ils croient que tout est fait pour eux, les foyers, les toilettes, l’université et même les professeurs sont nés uniquement pour ces faux prophètes et ces faux Houkema (sages).

Ce mouvement incessant de leurs chaussons me rappelle une armée en marche. Hakim n’a pas vu que sur les murs de notre université étaient affichés les photos de Moujahidines : je parle de Kaboul, de Kandahar et de Tora Bora. Leurs vedettes et leurs idoles sont là bas aux fronts : La guerre entre Russes et Afghans est en cours. Nous étions aux courant de tous les combats, ces photos et ces grandes affiches sont à la base d’une grande révolution médiatique de l’Islam Révolutionnaire. Devant ces blessures et ces armes, les étudiants restent bouche-bée ; les nuits, les foyers universitaires sont devenus des quartiers généraux de commandement. A cet époque, le peuple tunisien à l’extérieur des universités, ne sait même pas où se trouve l’Afghanistan. Khoumaini, arrivé au pouvoir, donne à nos sages une poussée, dite Khomeyniste, plus forte que celle d’Archimède. Les islamistes sont au sommet, je dis qu’ils sont à cette époque là à un centimètre de prendre le pouvoir.

Ici Hakim est déçu, totalement déçu, ses amis ont perdu avant même d’ouvrir les yeux. Un tel mouvement et avec une telle organisation a bel et bien préparé la dictature aujourd’hui en place. Ses amis n’ont pas la bonne perception du monde. Les forts vents préparent les grandes pluies. La dictature est ainsi confirmée comme prochaine étape de la Tunisie. (CETTE PHRASE ECHAPPA AUX ISLAMISTES, AVEUGLÉES PAR LEUR FORCE, ILS ONT PRIS LA COURSE EN AVANT SANS DEMANDER L’AVIS DE PLUSIEURS FRACTIONS PRÉSENTES A CETTTE ÉPOQUE). Pour comprendre ceci, Hakim doit s’inscrire à l’université, refaire ses études, relire ses livres et même si c’est possible : renaître. Hakim a un autre plan.

A Suivre...