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Dimanche 9 septembre 2007



Pendant ce premier mois d'activité, que nous avons conçut comme un mois de lancement et qui coïncide avec ramadan, nous allons vous proposer neuf longs métrages, ainsi que trois courts métrages.

 

Nous voudrions si vous le permettez à travers ces deux sondages être informés sur le degrés de pertinence de nos choix pour l'aiguiser dans le futur.



Nous vous posons donc deux questions simples :


Quels sont les films programmés que vous avez déjà eu l'occasion de regarder ?


&


Quel(s) film(s) avez-vous envie de voir (ou revoir) plus que les autres ?



Vous pouvez à chaque fois choisir plusieurs alternatives mais l'idéal est que vos choix soient restreints le plus que possible.



Nous vous remercions de votre concours.




 

 

 

 

 

par cinefils publié dans : Votre avis nous interresse
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Samedi 8 septembre 2007



 

Après bien des péripéties, des discussions et des nuits blanches, nous sommes heureux de vous présenter notre programmation complète, exacte et définitive pour le mois de ramadan, en attendant la suite très prochainement.

 

 

Lancement

 

Mardi 18 septembre 07 à 21h30

 

 

  • Hia W’Howa (Elle et lui) هِيَّ وْ هُوَّ de Elyes BACCAR

1h20. Tunisie. 2004.

En présence du réalisateur.

 

 

 

بين عشا و صحور

 

Samedi 22 septembre 07

à partir de 21h jusqu’au bout de la nuit

 

5 longs métrages sur le thème :

La réalité mise à nue par ses prétendants même

 

 

  • Mulholland drive de David LYNCH

2h26. Etats-Unis / France. 2001.

 

  • Le voyeur de Michael POWELL

1h40. Grande-Bretagne. 1960.

 

  • Zelig de Woody ALLEN

1h19. Etats-Unis. 1983.

 

  • C’est arrivé prés de chez vous de Remy BELVAUX, André BONZEL & Benoît POELVOORDE

1h35. Belgique. 1992.

 

  • Blair witch project de Daniel MYRICK et Eduardo SANCHEZ

1h26. Etats-Unis. 1999.

 

(Durée totale des films : 8h30 environ)

 

 

Nous offrirons et partagerons ensemble un صحور avec les plus vaillants qui termineront le voyage avec nous…

 

 

 

Avant-goût de la saison

 

 

Mardi 25 septembre 07 à 15h

 

(C.M.) Les volets de Lyèce BOUKHITINE  (11 min. France. 2005.)

 

  • Reservoir dogs de Quentin TARANTINO

1h39. Etats-Unis. 1992

 

 

Mardi 02 octobre septembre 07 à 15h

 

 (C.M.) Coffe or not coffe de Nicolas GOETSCHEL  (3min30. France. 2005.)

 

  • Memories of murder de Bong JOON-HO

2h12. Corée Du Sud. 2003.

 

 

Mardi 09 octobre 07 à 15h

 

 (C.M.) Sbehelkhir de Leila BOUZID et Walid MATTAR (8 min. Tunisie. 2006.)

 

  • Le mandat de Ousmane SEMBENE

1h45. Sénégal. 1968.

 

 

 

(Bien sûr, nous vous donnerons de plus amples informations au fur et à mesure, mais toute interrogation, remarque, suggestion, etc., sont d’ors et déjà les bienvenue.)

 

 

par cinefils publié dans : Programmation
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Samedi 8 septembre 2007


 

Lancement

 

Mardi 18 septembre 07 à 21h30

 

 

 

 

Projections hebdomadaires

 

Rendez-vous tous les MARDI à 18h30 du 25 septembre au 24 juin

 

 

(Pendant ramadan, les mardi 25 septembre, 02 & 09 novembre, les projections hebdomadaires auront lieu bel et bien le mardi, mais avant la rupture du jeûne, à 15h précisément.)

 

 

 

Prix du ticket

 

1d500

 

 

Dés le mois de novembre des cartes d’entrée mensuelles seront disponibles au prix de 5d (pour 4 ou 5 projections hebdomadaires)

 

 

CYCLES

AVANT-GOUT DE LA SAISON

du 25 septembre au 09 octobre

 

HOMMAGE à SEMBENE Ousmane, Edward YANG, Ingmar BERGMAN & Michelangelo ANTONIONI In Memoriam

deuxième quinzaine d’octobre

 

CYCLE Cinémas D’Extrême-Orient 90-00 Des vagues nouvelles

novembre & décembre

 

CYCLE La parole au muet L’enfance d’un art

janvier

 

CYCLE Portraits/Autoportraits Lumière de/sur soi

février

 

RETROSPECTIVE Quentin TARANTINO Le sang et l’esprit

mars

 

CYCLE Cinéma abstrait Paradoxes et plasticités

avril

 

RETROSPECTIVE Jean-Luc GODARD Voyage(s) en utopie

mai & juin

 

 

Chiffres

 

- 36 longs métrages

- 48 courts métrages

- 3 moyens métrages

- 18 nationalités (pour les longs métrages)

 

 

 

Adresse de l’espace El-Hamra : 28, rue El Jazira – 1000 Tunis.

 

Pour plus d'informations, n'hésitez pas à nous contacter : cinefilshamra@yahoo.fr



par cinefils publié dans : Programmation
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Samedi 8 septembre 2007


 

* PRESIDENT D’HONNEUR

Tahar CHIKHAOUI

 

* DIRECTEUR DU THEATRE EL HAMRA

Ezzeddine GANNOUN

 

*CHARGE DE LA PUBLICATION

ismaël

 

*COORDINATEUR GENERAL

Bilel El MEKKI

 

*CHARGES DE LA PROGRAMMATION

Amani DHIFAOUI -  Kaïs ZAIED

 

*CHARGEE DE LA COMMUNICATION

Amal SAADALLAH

 

*COORDINATRICE DU PROJET

Leila TOUBEL

 


par cinefils publié dans : Présentation
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Vendredi 31 août 2007


La mise en scène mise à nu par son prétendant même

 

 

 ten.jpg

 

 

 

A propos des peintres chinois, Bacon rapporte qu’ils se mettent pendant des jours et des jours devant leur chevalet, qu’ils ne commencent à peindre que lorsqu’ils arrivent à vider la toile. Le dépouillement est préalable au surgissement de l’image ; la fixité est préalable au geste. Dans le dispositif cinématographique, l’existence précède toujours l’essence. Le rôle du cinéaste est de pervertir. Beckett s’était mit à l’écriture en français « pour appauvrir sa langue »…

 

 

Quand on demande à Kiarostami pourquoi il porte toujours des lunettes de soleil, il répond : « Pour qu’on me reconnaisse. » Le dispositif mit en place dans « Ten » obéit à cette même logique : dans son extrême minimalisme, il est édifiant… et il gagne à l’être. La mise en scène ne tend pas à disparaître, mais elle tend à apparaître dans sa nudité même. Mouvement épousant ainsi le contenu même du film : enlever l’existence de sur l’essence, en un mot : dévoiler. Ainsi, la conductrice, tantôt mère, tantôt sœur, tantôt amie, tantôt inconnue… tant physiquement que mentalement, se dévoile progressivement sous nos yeux au fil des séquences : on ne l’a voit pas puis on la voit avec des lunettes de soleil, puis on l’a voit sans lunettes mais de nuit, puis de jour, sans lunettes avec un foulard différent découvrant son cou puis avec un foulard négligemment mit de sorte qu’une mèche de cheveux s’échappe effrontément, etc.  

 

 

« Ten » indique le nombre de séquences dont est composé le film. Découpage clairement signifié par un décompte décroissant qui apparaît à l’écran avant chaque séquence. « Ten » est composé de deux axes : deux caméras sont fixées sur le tableau de bord d’une voiture, l’une cadrant Mania la conductrice en plan poitrine ¾ profil droit et l’autre les différents passagers qui se succèdent à l’intérieur de sa voiture en plan poitrine ¾ profil gauche (je reviendrais plus loin sur l’unique et très court troisième axe du film). Les passagers de Mania sont : son fils Amin (4 séquences, enfant, mâle, celui sur qui s’ouvre et se ferme le film), sa sœur (1 séquence), une vieille dame (1 séquence), une prostituée (1 séquence, dont on ne verra pas le visage), une amie (1 séquence) et une jeune femme (2 séquences).
 

 

 

Concrètement, le cinéaste est au centre du dispositif puisque pendant le tournage Kiarostami est placé au milieu du siège arrière de la voiture avec ses comédiens, dans le hors-champ entre les deux cadres des deux caméras. Plus précisément, il est à l’interstice de l’image, il est dans l’entre-images. Quand Mania Akbari, qui joue le rôle de Mania, en conduisant, regarde dans le rétroviseur, c’est Kiarostami qu’elle voit.
 

 

Pendant la première séquence, Mania, laissée hors-champ, n’est définie que par sa voix, elle n’est « figurée » que par ses paroles. Kiarostami arrive à travers cette confrontation verbale oppressante entre la mère et le fils, à camper un personnage, à montrer de façon subtile son caractère, sans qu’il n’apparaisse à l’écran, seulement à travers son discours.

Dés cette première séquence, le ton est donné quant à la nature profonde de la relation Mania / Amin mais surtout, plus largement, sur la place du langage dans le film : Amin dit à sa mère « Tes paroles me rendent fou. » Puis il lui ordonne de se taire. Dans une autre séquence, une prostituée formulera le même ordre vis-à-vis de Mania (1). D’autre part, le discours de la sœur blesse visiblement Mania, non parce qu’il est méchant mais au contraire par sa lucidité. La grande sœur à travers sa parole met Mania face à ces contradictions : elle demande à son fils de « voir les choses en face » alors qu’elle est incapable de le faire par rapport, justement, à Amin. La dureté de la situation oppresse Mania : elle s’énerve, insulte, vocifère…

 

 

 

Le dispositif et les dialogues démontrent clairement une chose : d’une certaine manière, les personnages sont tous prisonniers, de leur systèmes de valeur notamment (la séquence avec la prostituée est exemplaire à cet égard : Mania qui répète « c’est intéressant » à chaque réponse de la prostituée et la prostituée qui s’esclaffe de rire à chaque question posée par Mania).

Les personnages sont prisonniers autant que les corps respectifs des comédiens qui les incarnent sont prisonniers dans le cadre que le cinéaste a disposé pour eux. Le cadre devient un piège à corps. Corps fragmentés, comme si chacun occupait un morceau éclaté d’un miroir brisé, ils ne se rencontrent jamais (dans la première séquence on ne verra la mère que lorsque l’enfant quittera brusquement le véhicule en l’insultant, la rupture est consommée et elle sera définitive), ou plutôt, ils se rencontrent si peu : à la toute fin du film et pendant une fraction de seconde, Mania prend la température d’Amin, très furtivement comme s’il n’était pas permit qu’elle le touche plus longuement. Ensuite, au cours de l’avant dernière séquence, quand la parole est abolie, quand la jeune femme ne peut plus parler à cause de l’émotion qui l’assaille, Mania brise la segmentation de l’espace et sa main essuie les larmes de sur les joues de sa passagère.

Mais est-ce suffisant pour recoller les différents morceaux de ces corps en éclats ? Le silence est-il l’isthme de ces « paroles en archipel » ?

 

 

 

Après 47 minutes et 41 secondes de film, le dispositif est déréglé, une brisure s’opère. La nuit, Mania fait monter une prostituée, une discussion tendue s’engage entre les deux femmes. Quand la prostituée descend de la voiture, pour la première et unique fois, nous la voyons de dos, s’éloigner vers un carrefour, se pencher vers un premier client dans sa voiture, ce dernier ne la fait pas monter, un instant passe avant qu’un deuxième ne s’arrête, elle monte.

Cà sera le seul grain de sable dans la machine « Ten ».

1. Un autre rapprochement est clairement établie entre les paroles de Amin et de la prostituée : tous les deux répètent plusieurs fois consécutives le mot « sexe ».
 


ismaël





tentitle.JPG


par cinefils publié dans : Films
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Jeudi 30 août 2007

 

Tout d’abord de facture rudimentaire, notamment sur le plan formel : la revue se présentant sous forme de feuillets A4 agrafés, distribuée gratuitement lors de nos projections ; elle aura cependant vocation à évoluer au fil des numéros et des ans, en une véritable revue cinématographique de qualité.

Sa parution sera trimestrielle, depuis début décembre à début juin. Nous publierons de fait 3 numéros cette première saison.

 

Le thème général de chacun des numéro est établie comme suit :

N°1

Parution - 04 décembre 07

Cinémas d’Extrême-Orient 90-00

N°2

Parution - 04 mars 08

Le cinéma tunisien des années 2000

N°3

Parution - 03 juin 08

Jean-Luc Godard

 

Les pages de la revue sont ouvertes à tous, vous pouvez donc nous envoyer vos contributions sur notre boite mail : cinefilshamra@yahoo.fr en fichier joint de type WORD.

La mise en forme souhaitée pour la réception des textes est : caractère ARIAL12­ –interligne 1,5 – pages numérotés.

Les textes peuvent être des critiques de films, des analyses d’œuvres, des hommages poétiques, etc. Ils peuvent porter sur des films, des écrits, les systèmes de productions, des comptes-rendus de festivals, etc. Ils peuvent être rédigés en français, anglais ou arabe.

Chaque texte devra cependant être de longueur variant entre 2 et 4 pages et pourra être accompagné d’1 ou de 2 photogrammes. Chaque numéro contiendra environ une demi-douzaine de textes en plus d’un éditorial d’1 ou 2 pages. La revue tournera donc autour d’une vingtaine de pages par numéro.

Les textes devront être originaux. Ils seront soumis à un comité de lecture dont nous vous communiquerons la composition le plus vite possible, qui tranchera sur leur publication ou non.

Une version en ligne de la revue papier sera proposée sur le blog.

 

La date limite de réception des textes pour chaque numéro est antérieure d’un mois, ce qui fait :

  • Clôture de la réception des textes pour le numéro 1 consacré au Cinéma d’Extrême-Orient 90-00 le 04 novembre 07.
  • Clôture de la réception des textes pour le numéro 2 consacré au Cinéma Tunisien des années 2000 le 04 février 08.
  • Clôture de la réception des textes pour le numéro 3 consacré à Jean-Luc Godard le 03 mai 08.

 

Pour toute question ou ajout d’information, n’hésitez pas à nous contacter. Et n’hésitez surtout pas à faire passer le message…

 


par cinefils publié dans : Annonces
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Lundi 27 août 2007


 

Nous avons le grand plaisir de vous communiquer les grandes lignes de notre programmation.

 

Mais attention, ce n’est pas le programme complet puisque nous vous préparons encore bien des surprises.

 

D’autre part, nous attirons votre attention sur le fait que soucieux de la problématique épineuse des droits d’auteurs et désireux de se placer du côté des créateurs et du respect de leurs œuvres, CINEFILS, après avoir définit sa programmation, fera l’effort inédit de prendre contact avec les représentations culturelles étrangères à travers lesquelles, nous espérons avoir l’accord de la diffusion culturelle de la part des ayants droits des films que nous souhaitons vous proposer. De même, nous prendrons contact directement avec les ayants droits tunisiens quand il s’agit de notre production nationale.

 

 

Ainsi, nous vous communiquerons au fur et à mesure le détail de nos cycles, rétrospectives, hommages et autres manifestations et évènements.

 

Nous espérons de tout cœur que d’ors et déjà, ces quelques moments forts gagnent votre curiosité.

 

 

 

Avant-goût de la saison

 

Pendant le mois de Ramadan, nous vous proposerons de faire une toile avec nous avant la rupture du jeûne. Initiative risquée mais rituel que nous voulons installer avec votre concours car nous ne voyons pas pourquoi pendant les journées ramadanesques, les tunisiens n’ont pas droit à la culture… Pour cette première du genre, nous vous proposerons des films tirés de nos différents cycles à venir au cours de la saison.

 

 

Voyage au bout de la nuit

La réalité mise à nue par ses prétendants même

 

Pendant Ramadan, après la rupture du jeûne cette fois-ci, nous nous intéresserons à la mince frontière qui sépare le rêve et le réel, la fiction et le documentaire, le cinéma et la vie…  Plusieurs films traitant de ce sujet vous serons proposés à partir de 21h jusqu’au bout de la nuit. Pour les plus vaillants d’entre vous, qui serons restés avec nous, un Shour sera offert par CINEFILS, autour duquel nous pourrons en profiter pour discuter de façon conviviale des films que nous venons de voir…

 

 

CYCLE

Cinémas d’Extrême-Orient 90-00

(novembre / décembre 07)

Des vagues nouvelles

 

Notre premier grand cycle sera consacré aux films asiatiques récents. Une dizaine d’œuvres de fictions, documentaire, animation ; de Corée du Sud, du Japon, de Taiwan, de Thaïlande, du Cambodge, de Chine.

 

 

JOURNEES SPECIALES

Nacer Khmir

(19 au 23 décembre)

 

 

Voyage au bout de la nuit…

… des morts-vivants

Midnight moovies.

 

Pendant les vacances de fin d’année, nous vous proposerons une nuit du cinéma consacrée au genre horrifique au sens large du terme : gore, slasher, horreur, épouvante…

L’entrée sera gratuite à toute personne qui viendrait déguisée en zombie, ou en une quelconque créature bizarroïde et terrifiante :).

 

 

CYCLE

La parole au muet

(janvier 08)

L’enfance d’un art

 

« La parole au muet » aura vocation à être au cours des saisons suivantes un rendez-vous récurrents de CINEFILS. Pour cette première année d’activité, nous présenterons un panorama général de ce qui s’est fait de plus intéressant durant les 30 premières années du cinéma avant de creuser plus profondément par la suite à travers des rétrospectives importantes de grandes figures du muet ainsi que des cycles sur les courants les plus marquants de cette époque.

 

 

RETROSPECTIVE

Quentin Tarantino

(mars 08)

 

 

FESTIVAL

FESTIVAL FILMS EN FETE

(Vacances du printemps)

Maghreb – Amérique latine – Europe de l’est

 

Durant plusieurs journées à la suite, projections de nombreux films quotidiennement. Programmation aléatoire sans sujet, sans autre but que celui de partager la joie de visionner des films. Cependant, l’accent pourra être mit sur de vieux films rarement diffusés ou méconnus, des découvertes récentes passées inaperçues, etc.

 

 

CYCLE

Cinéma abstrait

(avril 08)

Paradoxes et plasticités

 

Par essence, le cinéma (tout comme la photographie) est l’impression mécanique d’une réalité matérielle immédiate.

Pourtant, très tôt, parallèlement à l’abstraction plastique, des cinéastes, allemands principalement, souvent peintres de formation, ont cherché à suivre le même chemin : la recherche de l’épure plastique parfaite à travers la lumière, brisant ainsi une valeur ontologique du cinéma. Ces expériences d’avant-garde n’eurent par la suite que des échos disparates (chez Debord pour sa première réalisation ou bien dans une des œuvres les plus radicales de l’artiste Nam June Paik). Une autre technique issue des pratiques picturales est celle de Stan Brakhage et de ses « films peints ». Une œuvre singulière et importante que celle de ce cinéaste expérimental.

D’un autre côté, à partir de l’ « Avventura », Antonioni abandonne le néoréalisme (l’avait-il jamais adopté d’ailleurs ?) pour inaugurer une ère qu’on pourrait qualifier de façon restrictive, celle de la « disparition ». Ere pendant laquelle le dépouillement tant scénaristique que visuel prend plusieurs formes mais n’en reste pas moins le fil conducteur.

Des cinéastes comme Kiarostami ou Van Sant, forcément inspirés par Antonioni, ont parfois continué, à leur manière, cette quête de la pureté par l’abstraction.

 

 

RETROSPECTIVE

Jean-Luc Godard

(mai / juin 08)

Voyage(s) en utopie

 

Dernier cycle de la saison, et quel cycle puisque se sera une grande rétrospective consacrée à une des plus importante figure du cinéma de la deuxième moitié du siècle dernier. Cinéaste prolifique, protéiforme, polémique…  

 

 

 

 

 

(Toute remarque, suggestion, critique, sur cet aperçut de programmation est la bienvenue.)

 

 




par cinefils publié dans : Programmation
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Vendredi 24 août 2007



Chronique de la disparition… et de la réapparition ordinaires



3-iron.jpg



 

Dés la première image de « Locataires (3-iron en version anglaise et Bin-Jip en version originale sud-coréenne) », le questionnement sous-jacent tout au long du film est posé : une statue filmée frontalement derrière un filet épais sur lequel vient violement buter à plusieurs reprises une balle de golf que quelqu’un frappe hors-champ avec son club.

Il s’agit essentiellement pour Kim Ki-Duk d’interroger la représentation contemporaine du monde, ou plus exactement, dans une société post-moderne d’images, de savoir quel est notre rapport à nos doubles virtuels ? Que montre-t-on de nous-même et que nous apprennent nos images sur nous-même ? 

 

Il n’est pas étonnant dans ce cas que les deux personnages principaux du film, à travers lesquels - à travers l’image desquels - le cinéaste met en abyme le réel qu’il filme, ses personnages donc, ne parlent pas. Si on excepte les deux phrases faciles et inutiles à la fin. Ils ne sont donc pas muets, ils ont juste fait le choix de ne pas parler. Car la parole véhicule des images et que la trajectoire du film tend vers la disparition des images. Ne pas parler, c’est un premier pas pour s’abstraire de la réalité.

Ici réside le paradoxe risqué mais magnifique du geste filmique dans « Locataires » : alors que le cinéma s’évertue à essayer de « révéler » ce qui est invisible, Kim Ki-Duk s’ingénue à chercher à « effacer » le visible. Le projet est loin d’être nihiliste car c’est par cet acte fondamental de décharnement de l’image, que la représentation s’efface au profit de l’essence intrinsèque des choses.

 

Quand la femme découpe une photographie d’elle en plusieurs carrés pour la rassembler en désordre comme un puzzle difforme, ce n’est pas du tout un acte symbolique. C’est parce qu’elle sait que cette photographie-là n’est pas elle, c’est parce qu’elle sait que c’est une fausse représentation de ce qu’elle est. Kim Ki-Duk semble renverser le dogme godardien, il semble vouloir « non pas juste une image, mais une image juste ». Cependant, plus subtil et complexe que certains ne le pensent, Kim Ki-Duk (s’)interroge : d’où le choix primordiale d’une série de photographies réelle de l’actrice qui joue le rôle féminin, une série réalisée avant le tournage du film et non pas spécialement pour ses besoins. Ce détail n’est pas anodin car il permet de mieux saisir la démarche du cinéaste…

Car le personnage principal (si on considère que le personnage principal d’un film est celui qui évolue le plus) n’est pas l’homme, mais la femme. Car la trajectoire de l’homme n’est pas totalement progressive, elle est dans un sens régressive : quand commence le film, quand il s’installe dans des maisons vides, il est déjà effacé car il devient un autre dans ces maisons. Il n’est pas lui-même en train d’occuper la maison d’un autre, il est cet autre dans sa propre maison. C’est pour cette raison qu’il fait la lessive, répare des objets défectueux, porte les vêtements des occupants des lieux, etc. L’action la plus importante dans ce sens étant celle où il se brosse les dents avec une brosse à dent qui n’est pas à lui, où plus exactement avec la brosse à dent de la personne qu’il est devenu à l’intérieur de cette maison. Quand au fait de se prendre en photo, c’est une façon pour lui d’ancrer cette illusion dans une matérialité qu’elle ne possède pas par essence.

Jusqu’au moment où s’opère sa régression : son retour à lui-même, à son image nue, quand il se rend compte que la femme l’observe alors qu’il se masturbe devant le catalogue de photographies de nus dans lequel elle apparaît. A partir de là commence l’apprentissage de la femme et la déchéance de l’homme. Elle répète les même gestes qu’elle l’a vu faire, il s’occupe d’elle. Mais ce qui ne lui est pas arrivé alors qu’il était seul, arrive quand elle est avec lui : ils se font surprendre et les rôles s’inversent : il est frappé (il aura des ecchymoses au visage exactement aux mêmes endroits que sur son visage à elle au début du film) et c’est elle qui s’occupera dorénavant de lui.

 

Quand l’homme est en prison et qu’on le voit et l’entend jouer au golf avec un club et une balle invisibles, on ne peut s’empêcher de penser à la scène finale de « Blow up » et la partie de tennis avec cette fois des raquettes et une balle invisibles. Sauf que la comparaison s’arrête là car plusieurs différences sont à noter entre ces deux séquences : chez Antonioni, on n’entend aucun bruit, et pour cause, se sont des mimes qui font cette partie tandis que le personnage du photographe les regarde. Sur cet aspect là aussi, il y a une différence : chez Antonioni, le personnage principal est prit dans le jeu des mimes qui lui demandent de leur envoyer la balle imaginaire, supposée être sortie du cours. Dans « Locataires », c’est un codétenu qui entre par effraction en quelque sorte dans la partie de golf du personnage principal, qui lui enlève la balle et ne veut pas la lui rendre. Et enfin, le plus important est qu’Antonioni efface son personnage alors que Kim Ki-Duk fait en sorte que ce soit le choix du personnage d’apprendre à s’effacer et à ne plus être vu que par celle qui voit clair en lui, et non pas qui ne voit que l’image de lui.

Quand à elle, elle ne s’efface pas, au contraire, elle s’affirme de plus en plus dans le réel : elle tient tête à son mari, elle rentre dans la maison traditionnelle dans laquelle il se sont embrassés devant les yeux de son propriétaire. Elle ne se cache pas, elle se révèle dans sa nudité, plus encore que sur les photographies. Lui non plus ne se cache pas d’ailleurs, mais il s’abstrait du regard des autres en étant enfin lui-même.

 

Le dernier plan du film est un gros plan des quatre pieds de l’homme et de la femme debout sur une balance qui indique un poids nul comme si personne ne se tenait là. Puis, l’image devient progressivement floue. On aura assisté au cours du film à la disparition progressive de l’image : les photos deviennent de plus en plus rares dans les maisons occupées jusqu’à ce qu’il n’y en ai aucune dans la dernière, celle du vieillard mort. Dans la maison traditionnelle puis dans celle du vieux mort, les deux personnages ne se prennent plus en photo comme à leur habitude. Après la prison, l’homme revient à l’appartement du photographe pour emporter la photo de la femme qu’elle avait découpée et réassemblée dans le désordre, laissant derrière lui un cadre vide. Et enfin, à l’avant dernier plan, on aura vu les ombres des deux personnages disparaître sur un mur blanc pour laisser la place à leur deux corps. Le visage de l’homme cache une photo de la femme accrochée au mur : il n’est plus question d’apparaître, mais d’être.

Les personnages, chacun à sa manière, font désormais corps avec le réel, et l’irréel qui en fait partie. Et c’est l’image cinématographique qui nous le révèle. C’est là où réside le beau paradoxe de « Locataires ».

 

 

 

ismaël

11 mars 2007





(La bande-annonce sud-corréenne originale.)



 

 

par cinefils publié dans : Films